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28 novembre 2019
Toujours plus de charbon en Chine

La Chine a beau avoir signifié son désir de réduire ses émissions de CO2 en signant l’accord de Paris en 2015, la réalité économique et énergétique de l’Empire du Milieu fait en sorte que plusieurs centrales au charbon pourraient voir le jour au cours des prochaines années, selon une étude de la Global Energy Monitor parue en novembre.

La nouvelle, rapportée par l’AFP, a de quoi faire écarquiller les yeux. Les usines construites entre janvier 2018 et juin 2019 – qui représentent une capacité de 43 GW - auraient annulé à elles seules la baisse d’émissions réalisées par le reste du monde.

Le journaliste Richard Latendresse a d’ailleurs consacré un billet à ce sujet dans les pages du Journal de Montréal/Journal de Québec, billet dans lequel il démontre l’impact de la consommation de charbon de la Chine dans une perspective mondiale.

Quand on sait que le gaz naturel émet 50% moins de GES que le charbon, qu’en plus on élimine les particules fines qui causent du smog, et qu’un pays comme la Chine verra ses besoins énergétiques continuer de grimper en flèche au cours des prochaines décennies, la conversion des centrales au charbon chinoises vers le gaz naturel représente une occasion de diminuer de moitié les émissions de CO2 à venir.

La demande en gaz grimpe aussi

D’ailleurs, une autre étude parue en septembre dernier, intitulée China’s Quest for Blue Skies, indique que le gaz naturel, en Chine, s’apprête aussi à vivre une véritable période « d’âge d’or ». La chercheuse Sylvie Cornot-Gandolphe, membre de l’Institut français des relations internationales (IFRI), note que la demande pour le gaz naturel a crû au cours des deux dernières années de l’équivalent de la totalité de la consommation en gaz naturel du Royaume-Uni, 2e marché européen pour cette énergie, là aussi cruciale dans la transition énergétique du pays.

Dans cette tendance, la Chine devrait, toujours selon la chercheure, devenir, au cours des prochaines années, le plus grand consommateur de gaz naturel et le deuxième plus grand importateur de gaz naturel liquéfié au monde, alors que sa consommation de gaz naturel totale devrait tripler pour la période comprise entre 2018 et 2030.

L’essor de la demande du gaz naturel en Chine s’explique par un double objectif décrété par les autorités chinoises : d’une part, réduire les émissions de GES globales du pays, et, d’autre part, assainir l’air à la grandeur du territoire pour contrebalancer les émissions de particules émises par sa consommation de charbon.

Soutenir la transition

Depuis le début, l’objectif même du projet Énergie Saguenay est justement de soutenir les efforts de lutte aux changements climatiques en offrant à des pays qui n’ont pas eu la chance de se développer comme au Québec avec l’hydroélectricité, d’éliminer complètement les sources d’énergies plus polluantes comme le charbon, mais aussi le mazout et le pétrole, pour globalement réduire l’émission de gaz à effet de serre dans le monde.

C’est d’ailleurs pour cette raison que l’équipe de GNL Québec est présentement en pourparlers avec des pays d’Europe et d’Asie qui, comme la Chine, misent encore sur le charbon et qui cherchent une solution de rechange pour pourvoir à leurs besoins énergétiques, en complémentarité avec le développement des énergies renouvelables.

La Chine, par exemple, doit améliorer et sécuriser ses approvisionnements en gaz naturel, ce qui se traduira, au cours des prochaines années, par la signature de nouveaux contrats à long terme avec des producteurs de gaz naturel, prévoit la chercheuse Sylvie Cornot-Gandolphe.

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Selon l’Agence internationale de l’énergie (AIE), entre 2011 et 2018, l’utilisation du gaz naturel comme substitution au charbon a permis de réduire de 500 millions de tonnes les gaz à effet de serre dans le monde. L’AIE avertie également que les énergies renouvelables ne seront pas suffisantes pour répondre à la demande énergétique mondiale.

Selon l’étude du Global Energy Monitor, le ralentissement de l’économie chinoise pourrait affaiblir sa volonté de développer les énergies renouvelables, malgré le fait que le pays demeure le plus gros émetteur de GES au monde. Dans ce contexte, nous croyons que l’utilisation du gaz naturel, qui constitue dans les faits l’énergie fossile la plus propre du bouquet énergétique mondial, deviendra une option pour limiter les émissions globales de GES.

28 M de tonnes de GES en moins

Rappelons que selon les scénarios de vente actuels, en appliquant un scénario conservateur entériné par le Centre international de référence sur le cycle de vie des produits, procédés et services (CIRAIG), où 60 % du GNL produit au Québec irait en substitution au charbon ou au mazout, c’est 28 millions de tonnes de gaz à effet de serre qui seraient évitées chaque année dans le monde.

En tenant compte de ce scénario, cela signifie que GNL Québec permettrait d’éliminer les émissions du Québec tous les trois ans.

  • Pour en savoir plus sur le projet Énergie Saguenay, cliquez sur ce lien.
  • Pour en connaître davantage sur l’étude de cycle de vie réalisée par le CIRAIG, rendez-vous ici.