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26 mai 2021
Tarifs d'électricité : se poser les vraies questions

Ce qui ressort d’abord et avant tout face aux allusions selon lesquelles le projet GNL Québec ferait augmenter les tarifs d’électricité est très simple : il est impossible et inopportun d’isoler un seul projet pour justifier une éventuelle augmentation de tarifs. En commission parlementaire, la pdg d’Hydro-Québec a été on ne peut plus claire : toute chose étant égale par ailleurs, toute augmentation de la demande, que celle-ci vienne d’une usine de liquéfaction de gaz naturel, d’une aluminerie ou d’un nouveau quartier résidentiel, aura un impact semblable au kilowattheure pour Hydro-Québec. Il est hasardeux de prévoir ces impacts alors que les incertitudes sont encore nombreuses sur plusieurs sujets, notamment la vitesse de déploiement du plan d’électrification et les efforts en matière d’efficacité énergétique.

 

En contrepartie, ces nouvelles demandes en électricité ne sont qu’un des intrants dans un système de planification stratégique des plus complexes. Prévoir la demande et la fixation des tarifs à l’horizon 2027 et plus nécessite de se poser plusieurs questions, notamment :

  • Quels seront les effets de la transition énergétique au Québec?
  • Quels impacts auront les efforts en efficacité énergétique, que ce soit au niveau résidentiel ou industriel/commercial, ou ceux visant à électrifier les transports collectifs et personnels?
  • Quels seront les initiatives adoptées par HydroQuébec et par le gouvernement pour contrer les impacts du déficit de puissance?
  • Quel sera le prix des prochains approvisionnements dont se dotera HydroQuébec?

 

L’enjeu est donc beaucoup plus complexe que peuvent ne le prétendre certains. Affirmer que toute nouvelle demande de 550 mégawatts a un tel impact, signifierait mettre un frein à tout projet majeur nécessitant un apport énergétique important : qu’il s’agisse d’un projet de transport en commun électrifié comme le REM, de développement industriel ou la construction d’un complexe de serres pour l’industrie agroalimentaire. Hydro-Québec compte sur plus de 40 000 mégawatts de puissance en service, le projet GNL Québec n’utiliserait donc que 1,3% de la capacité totale d’Hydro-Québec.

 

Ce type de raisonnement implique de se priver d’investissements et de projets d’infrastructure structurants pour le développement économique du Québec et de ses régions. Rappelons qu’une grande partie du développement économique du Québec – ce qui en fait sa richesse et lui permet de se différencier sur l’échiquier mondial – est justement ce recours à de l’énergie hydro-électrique abordable et stable tout au long de l’année.

 

Et c’est là une des questions les plus importantes que l’on peut se poser. Quels sont les impacts économiques générés par l’utilisation des vastes ressources en électricité renouvelable du Québec? À ce sujet, le projet GNL Québec se démarque.

 

Pour le Saguenay-Lac-Saint-Jean et pour le Québec, le projet d’Énergie Saguenay à lui seul représente la création de 6000 emplois directs et indirects pendant la construction, 1350 en période d’opération, des retombées économiques de plus de 800 M$ par année, sans oublier les retombées technologiques importantes d’une usine intégrant l’intelligence artificielle et l’apprentissage automatique pour minimiser son impact, ainsi que toutes les retombées en lien avec l’engagement de carboneutralité du projet. Ces prévisions ne prennent pas en compte toutes les opportunités de développement parallèle qui sont usuelles pour ce type de projets structurants, comme on peut le voir avec l’industrie de l’aluminium qui a permis le développement de leaders mondiaux dans le secteur, ici au Québec.

 

La construction de la ligne de transport, défrayée par GNL Québec, aura également l’avantage de renforcir le réseau d’Hydro-Québec au Saguenay pour permettre une plus grande électrification de la région à moindre coût et stimuler l’implantation de nouveaux projets.

 

Au final, la question est assez simple : doit-on refuser et nous priver des retombées économiques et technologiques de tout projet de développement nécessitant un apport énergétique important sur la base de calculs dont la prémisse reste questionnable?

 

 

 

 

Tony Le Verger

Président 

GNL Québec