Blogue

9 juillet 2020
Sortie de la crise de la COVID-19 : une occasion en or d’écarter le charbon

L’Agence internationale de l’énergie (AIE) a dévoilé, le 18 juin dernier, un plan de relance mondial favorisant une accélération nécessaire de la transition énergétique sur la planète dans un contexte de redémarrage de l’économie aux quatre coins du globe.

Ce plan peut être consulté intégralement ici.

Selon la réflexion de l’AIE, la reprise mondiale qui s’amorce offre une occasion inespérée d’accélérer la sortie du charbon, qualifié « d’ennemi numéro un du climat », en misant pour ce faire sur le développement accéléré des énergies renouvelables et également sur l’utilisation intelligente et efficace du gaz naturel comme énergie de complément.

Des conditions économiques favorables aux renouvelables et au gaz naturel

Selon l’AIE, la crise de la COVID-19 a contribué, en effet, à diminuer les coûts à la fois des énergies renouvelables et également du gaz naturel sur les marchés. Ces sources d’énergie sont donc devenues encore plus concurrentielles par rapport au charbon, ce qui offre une occasion unique d’accélérer sa sortie sur des marchés en émergence, notamment en Asie.

Cette baisse simultanée des prix de ces deux types d’énergie est d’autant plus intéressante, pointe l’Agence, que le gaz naturel est la meilleure source d’énergie disponible afin de pallier l’intermittence des énergies renouvelables et d’assurer la stabilité des réseaux de distribution d’énergie et afin de combler des besoins industriels pour lequel l’électricité ne peut suffire.

Par ailleurs, tel que le mentionne l’AIE, le seul fait que le prix du gaz naturel soit moins cher à l’échelle mondiale le rend déjà plus susceptible, « naturellement », de remplacer rapidement du charbon, particulièrement dans la production d’électricité et dans les usages industriels.

D’ailleurs, afin de renforcer ce cadre favorable à la sortie accélérée du charbon, l’AIE propose un renforcement à l’échelle mondiale de la tarification du carbone afin de rendre cette énergie très émissive en terme de gaz à effet de serre et de polluants atmosphériques de moins en moins compétitive, tout en accroissant la demande pour les énergies renouvelables.

En parallèle, l’Agence préconise aussi des investissements accrus dans des projets dédiés à la valorisation du carbone et un soutien aux projets les plus innovants sur le plan de la gestion de l’empreinte environnementale. Deux facteurs sur lesquels le projet Énergie Saguenay se démarque particulièrement via notamment son engagement à la carboneutralité et son approvisionnement en hydroélectricité.

Le charbon, l’ennemi climatique encore bien actif

Selon l’Agence internationale de l’énergie, le charbon, très émetteur de gaz à effet de serre (GES) et de particules polluantes, demeure toujours l’ennemi principal du climat.

Dans son plan de relance, l’AIE souligne qu’en 2019, le charbon a représenté la principale source de production d’électricité sur la planète, avec plus de 36 % de la production mondiale totale. Au total, cette production d’électricité via le charbon est responsable de l’émission de plus de 10 milliards de tonnes de GES.

Encore pire, au début de 2019, pas moins de 500 GW de projets de production d’électricité au charbon était dans les plans à court terme, principalement en Chine, en Inde et en Asie du Sud-Est, des marchés visés dans le cadre du projet Énergie Saguenay.

L’AIE précise néanmoins dans son rapport que la tendance lourde dans le monde demeure une relative stagnation de la production d’électricité par le charbon et une croissance stable de la production d’électricité via le gaz naturel, une alternative qui permet de réduire de 50 % les émissions de GES et qui permet de lutter efficacement contre la pollution de l’air.

L’Agence estime d’ailleurs que la seule conversion, à brève échéance, de centrales électriques au charbon vers le gaz naturel en Europe et aux États-Unis permettrait de réduire de plus de 350 M de tonnes les GES émis annuellement dans le monde.

Un autre aspect intéressant relevé par l’AIE concerne l’accès mondial à une source d’énergie plus sobre en carbone pour assurer des besoins de base comme la cuisson des aliments. Ainsi, plus de 2,6 milliards de personnes dans le monde utilisent encore, pour ce faire, du charbon, des produits pétroliers ou du bois pour faire la cuisine, ce qui représente une énorme source additionnelle de GES à l’échelle mondiale.

À LIRE ÉGALEMENT :