Blogue

25 novembre 2019
Rapport de l’Agence de l’énergie 2019 : Le gaz naturel nécessaire pour combler la demande d’énergie dans le monde

L’Agence internationale de l’énergie (AIE) dévoile chaque année ses prévisions dans ce qui est considéré comme l’ouvrage de référence par excellence en analyse du marché énergétique mondial, le World Energy Outlook. Sa dernière publication annuelle, parue le 12 novembre, conclut dans son scénario le plus réaliste que malgré la forte croissance des énergies renouvelables d’ici 2040, les énergies fossiles — et particulièrement le gaz naturel — continueront d’avoir une place prépondérante afin de répondre à la hausse inévitable de la demande d’énergie dans le monde.

Parmi les conclusions de l’AIE basé sur son scénario le plus réaliste, notons que :

  • Le gaz naturel liquéfié (GNL) transporté par navires, comme celui qui sera produit à Saguenay dès 2025, devrait dépasser en proportion le gaz transporté par gazoduc dans les échanges internationaux à l’aube de la décennie 2030 ;
  • Les énergies renouvelables combinées (solaire, éolien, hydroélectricité) devraient dépasser le charbon dès 2026 pour la production d’électricité, mais en combinant la hausse de la demande énergétique mondiale évaluée à 1 % par année d’ici 2040, la consommation des énergies fossiles continuera d’augmenter ;
  • La demande énergétique proviendra notamment du fait que pas moins d’un milliard de personnes n’ont pas accès à l’électricité en ce moment, et que les prévisions démographiques nous amènent à un bilan de deux milliards de personnes supplémentaires sur la planète en 2050, autant d’humains qui voudront avoir accès à l’énergie électrique;
  • La plupart des pays d’Asie en forte croissance demeureront de grands consommateurs d’énergies fossiles, et comme le pointait récemment l’Agence danoise de l’Énergie, l’option la plus plausible pour limiter les émissions de gaz à effet de serre (GES) dans ce coin du monde serait de limiter les investissements dans les centrales au charbon pour prioriser le gaz naturel et les renouvelables après 2030.

Afin de remettre les données en contexte, notons que dans son rapport, l’AIE évalue trois différents scénarios pour prévoir l’horizon énergétique 2040 :

  1. La continuité (Current policies)
    Dans ce scénario basé sur des politiques actuelles qui ne changeraient pas, la demande d’énergie qui augmenterait de 1,3 % par an d’ici 2040 s’accompagnerait d’une forte hausse d’émission de GES.
     
  2. L’intermédiaire (Stated policies)
    Ce scénario, considéré comme le plus plausible, sous-tend de limiter la hausse de la température de 2 degrés notamment en vertu de l’accélération de la transition énergétique comme annoncé par plusieurs pays, notamment ceux de l’Europe. La progression énergétique estimée est de 1 % par année. Dans ce scénario, la part du charbon dans la production électrique mondiale chute de 7 % et la croissance de la demande est comblée à 50 % par les renouvelables, et à 35 % par le gaz naturel.
     
  3. Le durable (Sustainable Development)
    Ce scénario drastique, dont la cible est de maintenir le réchauffement près de 1,5 degré, requiert des changements systémiques immédiats et généralisés de tout le modèle énergétique mondial pour atteindre les objectifs de l’accord de Paris de 2015. L’AIE note toutefois que nous sommes «très loin» d’atteindre ces cibles, notamment en raison de l’efficacité énergétique qui progresse deux fois moins vite que prévu et surtout, des marchés asiatiques en forte croissance qui dépendront encore longtemps des énergies fossiles et qui devront éventuellement privilégier le gaz au détriment du charbon pour faire fonctionner leurs centrales électriques en complément aux énergies renouvelables. Dans ce scénario, la réduction de la combustion du charbon et du pétrole jumelée aux technologies de capture du carbone représente 17% de la solution, contre 37% pour les efforts d’efficacité énergétique.

Une énergie fiable

Peu importe le scénario utilisé, une constante demeure : le gaz naturel conservera une place de choix dans le mix énergétique mondial au-delà de 2040 parce qu’en plus d’émettre 50 % moins de GES que le charbon et 30 % moins que le pétrole, le gaz vient combler les besoins créés par l’intermittence des énergies renouvelables.

En plus d’être la plus propre des énergies fossiles, le GNL produit à Saguenay aura un avantage que nulle autre usine de cette taille dans le monde ne possède à ce jour : l’énergie hydroélectrique pour alimenter son usine et ainsi émettre 85 % moins de GES qu’une installation similaire en service aux États-Unis.

Dans son rapport détaillé, l’AIE écrit que « si toutes les usines de liquéfaction du monde actuellement en service étaient alimentées par une source d’énergie zéro carbone (comme l’hydroélectricité), on annulerait à la source l’équivalent de 80 millions de tonnes de CO2 émises chaque année ».Dans l’étude de cycle de vie réalisée par le Centre international de référence sur le cycle de vie des produits, procédés et services (CIRAIG) et qui évalue l’ensemble des émissions de GES de la production du GNL à l’usine 100 % carboneutre d’Énergie Saguenay jusqu’à son utilisation finale, on confirme que le projet permettrait de supprimer à lui seul 28 millions de tonnes d’émissions chaque année dans l’éventualité ou seulement 60 % du GNL remplaçait une autre énergie plus polluante.

Dans ce scénario réaliste, mais conservateur, c’est l’équivalent d’éliminer toutes les émissions de GES du Québec tous les trois ans. Pour les 25 premières années d’exploitation, ce nombre grimpe à 700 millions de tonnes de GES en moins.

Pour en savoir plus sur le World Energy Outlook 2019, cliquez ici pour le rapport et suivez ce lien pour un résumé.

Pour en savoir plus sur l’étude de cycle de vie du CIRAIG, suivez ce lien

À LIRE AUSSI :