Blogue

28 août 2019
Plus de gaz naturel, mais pas nécessairement plus d’émissions de méthane

Un accroissement de la production de gaz naturel ne signifie pas nécessairement plus d’émissions fugitives de méthane dans l’atmosphère.

C’est la conclusion à laquelle vient de parvenir un groupe de 13 scientifiques de très haut niveau, appartenant à des établissements de recherche réputés, dans une étude très récente (Cooperative Institute for Research in Environmental Sciences de l’Université du Colorado, National Oceanic and Atmospheric Administration, Earth System Research Laboratory de Boulder et Lawrence Berkeley National Laboratory, en Californie).

Les chercheurs ont cherché à déterminer si la croissance de la quantité de gaz naturel produit aux États-Unis au cours de la dernière décennie s’était automatiquement traduite par une augmentation marquée des émissions de méthane dans l’air, et si oui, à quelle hauteur.

Si vous n’êtes pas familier avec la question des émissions de méthane ou pour en savoir davantage sur la question, nous vous invitons à lire cet article de blogue avant d’aller plus loin, si vous ne l’avez pas déjà fait.

Ce que conclut l’étude

Au cours des 10 dernière années, la production de gaz naturel a augmenté de 46% aux États-Unis. Il a donc été pris pour acquis que les émissions fugitives de méthane allaient, en conséquence, croître de façon marquée et mesurable, et suivre une courbe directe avec l’accroissement de la production pétrolière et gazière dans ce pays.

Or, ce n’est pas le cas, soulignent les chercheurs à la suite de leur travail, qu’ils qualifient « de travail de terrain à long terme réalisé avec les meilleurs équipements de détection », répartis sur 20 sites à l’échelle des États-Unis.

Les chercheurs sont donc en mesure de tirer trois conclusions majeures :

  • Même si on produit plus de gaz naturel et de pétrole aux États-Unis depuis 10 ans, il n’y a pas de hausse particulièrement importante des émissions de méthane dans ce pays;
  • Les hausses d’émissions de méthane liées à l’industrie gazière et pétrolière sont moins élevées que certaines études précédentes ou préliminaires ont pu le laisser croire;
  • Les émissions de méthane ne suivent pas une progression linéaire et directe avec la hausse de production. On peut produire plus de gaz naturel sans nécessairement accroître la quantité de méthane dans l’atmosphère.

En bref, les chercheurs estiment que plusieurs études précédentes portant sur les émissions fugitives de méthane ont eu tendance à largement surestimer celles-ci.

Les conclusions des chercheurs viennent appuyer celles auxquelles est parvenu le Centre international de référence sur le cycle de vie des produits, procédés et services (CIRAIG) dans l’analyse de cycle de vie réalisé sur le projet Énergie Saguenay.

Dans ses travaux, le CIRAIG a calculé les émissions fugitives relatives à l’ensemble de la filière du projet Énergie Saguenay, à partir de l’ensemble des connaissances scientifiques disponibles sur la question. Ce travail a reposé sur une revue exhaustive des plus récentes connaissances en la matière, lesquelles ont permis de constater que la qualité des données sur la question des émissions de méthane a énormément évolué entre les premières études établies au début de la décennie et les dernières études, qui comprennent des modèles mathématiques et scientifiques prenant en compte des milliers de données sur un grand nombre de géographies différentes. 

Ainsi, le CIRAIG a évalué que l’ensemble des émissions de méthane liées au projet Énergie Saguenay atteint moins de 1%. Pour en savoir davantage sur cette question, nous vous invitons à lire cet article de blogue.

Une industrie en action!

Tel que mentionné dans ce blogue, la question de la réduction des émissions de méthane est au cœur des priorités de l’industrie gazière et pétrolière canadienne, mais aussi de l’ensemble des joueurs mondiaux de l’industrie. Elle est aussi appuyée par des actions concrètes des gouvernements du Canada et des provinces comme l’Alberta. De plus, les normes et règlements qui encadrent l’exploitation gazière au Canada sont les plus strictes au monde.

Les observations et les conclusions des chercheurs reflètent une partie de ces efforts. Compte tenu des normes canadiennes, le bilan au Canada en matière de réduction des émissions de méthane et de lutte contre les gaz à effet de serre est tout aussi positif.