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15 octobre 2019
Lutter contre les gaz à effet de serre tout en créant des retombées économiques durables

Une quarantaine d’intervenants ont signé, ce matin, une lettre ouverte dans La Presse, laissant entendre que le projet Énergie Saguenay est susceptible de nuire au développement des énergies renouvelables à l’échelle mondiale, tout en risquant d’aggraver, au Québec et au Saguenay-Lac-Saint-Jean, une situation de rareté de main d’œuvre.

Cette démarche, malheureusement, s’appuie sur de fausses prémisses, particulièrement en regard des perspectives en plein bouleversement du marché énergétique international.

La vision qui anime le projet Énergie Saguenay, depuis maintenant plus de 5 ans, est claire : lutter concrètement contre les changements climatiques, les gaz à effet de serre (GES) et la pollution de l’air à l’échelle mondiale, et ce grâce au savoir-faire et aux ressources technologiques du Saguenay-Lac-Saint-Jean et du Québec, au climat froid et à l’utilisation d’hydroélectricité. Une combinaison de caractéristiques unique, associée à un engagement d’opérer une usine carboneutre, qui fera du gaz naturel liquéfié (GNL) produit par GNL Québec le plus durable et le plus vert au monde.

Dans l’optique de la transition énergétique mondiale, nous travaillons donc pour la planète et non contre elle. Dans ce contexte, le projet représente une occasion unique pour le Québec de s’imposer comme un levier et un leader dans la lutte contre les changements climatiques, tout en récoltant, au passage, d’importantes retombées économiques. Ainsi, collectivement, le Saguenay-Lac-Saint-Jean et le Québec seraient gagnants autant sur le plan environnemental qu’économique. Parce que si les GES ne connaissent pas de frontière, les retombées économiques, elles, s’y heurtent et que le projet Énergie Saguenay représente le plus important projet d’investissement privé de l’histoire du Québec.

Comment le projet Énergie Saguenay peut-il être un levier dans la nécessaire réduction mondiale des GES? Parce que le gaz naturel est, à l’échelle mondiale, appelé à jouer un rôle absolument névralgique, en soutenant la croissance des énergies renouvelables.

Pour saisir Énergie Saguenay, il faut sortir des idées préconçues, et adopter un point de vue non plus centré sur la réalité du Québec hydroélectrique, mais bien sûr l’ensemble des enjeux mondiaux. Oui, le gaz naturel est une énergie fossile.

Mais, c’est la seule énergie fossile qui jouera, au cours des prochaines décennies, un rôle essentiel dans la lutte contre les changements climatiques et les particules polluantes dans l’air en remplaçant le charbon, ennemi numéro 1 du climat, dans la production d’électricité, dans les procédés industriels, notamment métallurgiques, et dans la génération de chaleur. Le GNL est également appelé à jouer un rôle accru dans les transports routier et maritime, et en appui au développement des énergies renouvelables intermittentes, dont la croissance repose sur un accès à une source d’énergie fiable, stockable et faible en carbone et qui ne peuvent répondre à tous les besoins industriels. Soyons clairs, le gaz naturel est un allié et un complément aux énergies renouvelables, pas un ennemi. À ce propos, le consensus scientifique international est clair. Des experts, tel que Michael Porter, économiste à l’Institut de Stratégique et de Compétitivité de l’Université Harvard, mentionnent que le gaz naturel et que le gaz naturel liquéfié sont des énergies indispensables pour assurer la complémentarité au développement des énergies renouvelables au cours des prochaines décennies.

L’Agence internationale de l’énergie (AIE) a récemment publié un rapport portant spécifiquement sur le rôle majeur du gaz naturel dans la lutte mondiale contre les GES. Ce rapport souligne, entre autres, que l’utilisation du gaz naturel, en substitution au charbon, a déjà permis l’évitement de 500 millions de tonnes de GES dans le monde entre 2011 et 2018. Dans ses prévisions basées sur les scénarios d’atteinte des recommandations du GIEC, l’AIE fait du gaz naturel un pilier sur lequel s’appuyer mondialement.

Selon une réputée firme spécialisée norvégienne du secteur de l’énergie, DNV-GL, dès 2026, le gaz naturel sera la première source d’énergie employée dans le monde, devant même le pétrole. Le rapport de cette firme est aisé à trouver en ligne, ici. On peut nier les faits, la demande pour le gaz naturel est forte et le restera, et si le projet Énergie Saguenay ne se réalise pas, il se fera ailleurs, en produisant du GNL plus polluant et plus émetteur de GES, produit dans une usine ne respectant des normes aussi élevées, sur l’ensemble du cycle de vie de la ressource, que celles en vigueur au Québec et au Canada.

Travailler avec le milieu pour recruter et développer la main d’œuvre
Depuis les débuts du projet, en 2014, l’équipe d’Énergie Saguenay a mis en place des comités consultatifs et des démarches de consultations étroites avec la région et les intervenants impliqués dans la formation académique et la formation de la main d’œuvre. Conscients des enjeux de raretés d’emploi dans certains domaines, nous collaborons depuis plus de 5 ans avec les experts de ces questions afin d’établir des stratégies de recrutement et de formation de notre future main d’œuvre novatrices. Le projet Énergie Saguenay est un levier qui permettra au Saguenay-Lac-Saint-Jean, aux prises avec une baisse démographique lourde depuis plus d’un quart de siècle, d’attirer à son tour des travailleurs de l’extérieur et leur famille, tout en offrant de nouveaux débouchés aux jeunes qui arriveront sur le marché du travail. À cet égard, le nombre de CV déjà reçus en provenance de l’extérieur de la région et même de l’extérieur du Québec témoigne de l’attrait du projet.

Sur le plan des retombées économiques du projet, il importe de conclure avec quelques chiffres qui évoquent à quel point le Saguenay-Lac-Saint-Jean, le Québec, et même le Canada profiteraient du projet Énergie Saguenay. Ces données ont été établies à la suite d’études techniques et économiques réalisées par des entreprises spécialisées dans le domaine et ont été rendues publiques.

En période de construction, le projet créera ainsi 6000 emplois directs et indirects pendant 4 ans, dont 4000 sur le site même en période de pointe, et des retombées annuelles de 600 M$ et des recettes fiscales de 100 M$ pour les trois paliers de gouvernement.

En opération, le projet créerait 1350 emplois directs et indirects, dont environ 300 sur le site même, et créerait chaque année 807 M$ en retombées économiques et 110 M$ en recettes fiscales. Sans compter l’ensemble des impacts positifs liés à la diversification de l’économie régionale et québécoise et au développement potentiel d’une nouvelle filière de recherche et d’expertise exportables à l’étranger.

Le projet Énergie Saguenay représente une occasion unique pour le Québec, grâce à ses atouts et expertises, de se positionner concrètement comme un leader mondial dans la lutte contre les GES et la pollution de l’air, tout en profitant d’un impact économique et social majeur. Pour saisir l’ampleur de l’opportunité, toutefois, il convient de sortir des idées préconçues et des idées reçues sur le marché mondial de l’énergie et de faire confiance à la science et aux spécialistes internationaux de la question.