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4 novembre 2019
Le Japon mise gros sur le gaz naturel liquéfié

Au cours des dernières semaines, le Japon a annoncé son intention d’investir massivement dans la production mondiale de gaz naturel liquéfié (GNL) avec deux objectifs bien précis en tête : remplacer en partie sa consommation de pétrole en provenance du Moyen-Orient et prévoir la hausse imminente de la demande mondiale pour une source d’énergie fiable et moins polluante.

Parmi les plus grands acheteurs mondial de GNL, le Japon a dévoilé en septembre dernier un plan d’investissement de 10 G$ en vertu d’un plan de partenariat public-privé pour développer l’approvisionnement mondial en GNL, rapporte le Nikkei Asian Review.

Financé en partie par la Japan Bank for International Cooperation et la société d’État Japan Oil, Gas and Metals National Corp., le projet comprend notamment la formation de 500 experts dans la production de GNL, dans le développement d’une meilleure approche environnementale et dans la prévision des marchés haussiers du GNL pour les années à venir.

Lorsque l’on affirme que l’appétit mondial pour le GNL va en grandissant, c’est en partie grâce à ce désir de l’Asie — pas seulement du Japon, mais surtout de la Chine et de l’Asie du Sud-Est — de se départir de sa dépendance aux énergies fossiles du Moyen-Orient.

La Chine en particulier met l’accent sur la réduction de sa dépendance au charbon pour produire son électricité et prévoit une augmentation substantielle de sa consommation de gaz naturel pour pallier ses besoins énergétiques.

La sécurité énergétique est une question cruciale pour les pays asiatiques et le Canada est considéré comme un partenaire fiable, stable et doté de règles environnementales parmi les plus strictes au monde.

Le Japon importe, par exemple, 90 % de ses ressources énergétiques des pays du Moyen-Orient, d’où son intérêt à se tourner vers de nouveaux fournisseurs de gaz naturel, notamment le Canada.

50 ans de GNL

Le pays a une longue histoire commerciale avec le GNL importé utilisé pour alimenter ses usines de production d’électricité. Le conglomérat Mitsubishi, qui agit comme acheteur pour les sociétés Tokyo Electric Power Company et Tokyo Gas, a souligné le 4 novembre un jalon important de cette histoire, puisque cela fait maintenant 50 ans que le Japon importe du GNL par bateau. Le premier chargement est arrivé en provenance de l’Alaska le 4 novembre 1969.

Le président de Tokyo Gas, Takashi Uchida, a d’ailleurs déclaré que le Japon allait utiliser de plus en plus de GNL «au cours des 50 prochaines années» dans son effort de réduction d’émissions de GES en combinant le gaz naturel aux énergies renouvelables.

Quelle place pour le projet d’Énergie Saguenay ?

Ce plan de développement du GNL n’est que le plus récent exemple de la demande croissante des Japonais pour le gaz naturel, notamment pour celui extrait au Canada. En 2017, le gouvernement nippon avait déjà injecté 10 G$ dans quatre projets d’usines de liquéfaction de gaz naturel, dont le projet canadien de LNG Canada en Colombie-Britannique, un projet évalué à 40 G$ qui doit commencer à exporter du gaz naturel canadien vers l’Asie dès 2024.

En comparaison, le projet de GNL Québec, qui est évalué à 9 G$, pourrait exporter jusqu’à 11 Mt du GNL canadien le plus propre au monde vers les marchés européens et asiatiques, incluant le Japon, dès 2025.

Comment est-ce possible ?

Grâce à l’utilisation de l’hydroélectricité pour alimenter à 100 % l’usine de liquéfaction, le GNL produit par Énergie Saguenay deviendra la référence mondiale en la matière.

À titre d’exemple, l’usine Énergie Saguenay émettra 85 % moins de gaz à effet de serre qu’une installation comparable aux États-Unis.

L’analyse du cycle de vie du projet Énergie Saguenay réalisée par Centre international de référence sur le cycle de vie des produits, procédés et services de Montréal démontre ainsi, selon un scénario très conservateur, que si seulement 60% du GNL produit par GNL Québec remplaçait directement du charbon, cette substitution se traduirait par une diminution de 28 M de tonnes par année de GES à l’échelle mondiale, l’équivalent de 7 millions de voitures à essence retirées de la route ou de compenser à chaque tranche de trois années de production la totalité des gaz à effet de serre que le Québec émet en une seule année.

À propos de l’analyse de cycle de vie, consultez : https://energiesaguenay.com/fr/environnement/gaz-effet-de-serre/

Une occasion à saisir

Un projet comme celui de GNL Québec se veut une occasion unique pour la région du Saguenay–Lac-Saint-Jean de faire sa marque à l’échelle mondiale sur un marché énergétique en pleine ébullition, tout ayant la chance de se positionner comme leader en matière de production de GNL le moins polluant de la planète.

N’oublions pas que le projet Énergie Saguenay vise à atteindre la carboneutralité et qu’il s’accompagne de retombées économiques de 600 M$ annuellement durant la construction, de 807 M$ par année en phase d’opération en plus de créer pas moins de 6000 emplois directs ou indirects pendant la période de construction et de 1100 emplois directs ou indirects durant les opérations.

Pour plus d’informations sur les besoins en GNL en Asie, consultez ces liens :

https://asia.nikkei.com/Business/Energy/Japan-to-pump-10bn-into-LNG-as-move-away-from-Mideast-oil

https://asia.nikkei.com/Politics/Japan-floats-10bn-plan-to-build-out-Asian-LNG-market

https://asia.nikkei.com/Business/Energy/Canada-LNG-project-to-ship-gas-to-Asia-as-early-as-2024