Blogue

12 novembre 2019
Le GNL transforme les moyens de transports

Le transport routier des biens et des personnes est une source importante de gaz à effet de serre (GES) à l’échelle mondiale. C’est particulièrement le cas dans les pays développés et dans les pays en voie de développement ou en plein essor économique, tels que la Chine et l’Inde.

À l’échelle mondiale, selon l’Agence internationale de l’énergie (AIE), le transport de biens et de personnes, que ce soit par air, mer ou routes, était responsable, en 2016, de 25 % de l’ensemble des émissions de GES de la planète, le transport routier comptant pour 74 % de celles-ci.

En 2011, par exemple, 21 % de l’ensemble des GES émis en Europe était attribuable au transport routier.

C’est en Amérique du Nord, que le transport routier émet, toute proportion gardée, le plus de GES. Toutefois, l’AIE, dans ses prévisions, relève une hausse marquée du transport routier en Asie, et donc un accroissement continuel des émissions de gaz à effet de serre et des particules polluantes émis par ce secteur d’activités sur ce continent.

Et au Québec ?

Le portrait québécois reflète bien cette situation.

En 2016, le secteur des transports y était responsable de 43 % des émissions de gaz à effet de serre totaux de la province. À lui seul, le transport routier comptait pour 80 % des émissions de ce secteur, soit 34 % du bilan des GES de la province.

Une partie de la solution : le GNL comme carburant

Parce que son utilisation émet 30 % moins de GES que le pétrole, et aucune particule polluante dans l’air, et parce qu’il est sécuritaire et que la technologie est fiable, le GNL est de plus en plus employé au sein du transport routier, qui nécessite un combustible stockable en mesure de fournir de l’énergie aux véhicules devant parcourir de longues ou de très longues distances, ce que les batteries électriques ne sont pas en mesure de fournir.

C’est aussi le cas dans le domaine du transport maritime, comme le rapportait ces blogues :

Les exemples, au Québec et ailleurs, abondent.
Découvrons-en quelques-uns.

  • Groupe Desgagnés et ses navires marchands

« On va continuer de remplacer certains navires à combustion traditionnelle par des combustions à gaz naturel liquéfié. »

C’est ainsi que c’est exprimé le patron du Groupe Desgagnés, Louis-Marie Beaulieu, qui est à la tête d’un conglomérat québécois œuvrant dans le domaine de la marine marchande canadienne. M. Beaulieu a fait cette déclaration au Journal de Québec en marge de l’annonce le 29 octobre dernier d’un investissement de 175 millions de dollars pour l’achat de cinq nouveaux navires marchands, dont un qui fonctionnera à la bi-carburation diesel/gaz naturel. 

  • Le modèle Transport Robert

Pionnier du transport routier de marchandises sur longue distance au Québec, Transport Robert est aussi un pionnier en matière de réduction des GES et des impacts sur l’environnement de ses activités.

Cela a conduit la compagnie à multiplier les initiatives et les mesures permettant de réduire la consommation de carburant de ses camions.

Mais l’entreprise a aussi entrepris un autre virage en 2011, celui de l’utilisation du GNL dans sa flotte afin de réduire le CO2 émis et les particules polluantes. L’entreprise compte aujourd’hui près de 160 poids lourds alimentés au GNL qui ont permis, depuis leur entrée en service, de réduire de plus de 18 000 tonnes les GES émis par la compagnie.

D’autres exemples autour du monde

  • France

En France, la question de la navigation des navires de croisière a un impact considérable sur l’environnement dans le sud du pays, notamment à Marseille, où le trafic maritime de plaisance est responsable de 40 % des émissions locales d’oxyde d’azote, de 32 % de celles d’oxyde de soufre et de 15 % des rejets de particules fines. Pour inverser la tendance, les autorités portuaires de la ville ont signé une « charte bleue » avec les quatre armateurs responsables de 85 % de l’achalandage au quai de croisières. Cette charte, signée le 17 octobre dernier, doit permettre, d’ici à 2025, de « limiter de manière significative » les émissions de polluants atmosphériques. Le moyen d’y arriver consiste principalement à remplacer le mazout par du GNL comme carburant pour les bateaux, en plus d’imposer une réduction de la vitesse aux abords de la ville.

  • Turquie

En Turquie, le géant énergétique Shell vient de conclure un projet pilote qui a démontré comment il est possible et sécuritaire de transformer des camions diesel Mercedes traditionnels pour les alimenter au GNL.

  • Allemagne

En Allemagne, où les questions de lutte contre les GES sont une priorité nationale, la même multinationale Shell vient d’ouvrir une première station-service de GNL, capable d’assurer le plein de 200 poids lourds alimentés au gaz naturel liquéfié par jour.

Quatre autres stations devraient s’ajouter d’ici 18 mois, la compagnie rappelant qu’environ 5000 camions lourds au GNL circulent actuellement sur les grandes routes d’Europe.

En Allemagne, le gouvernement déploie d’ici à 2030 des mesures de soutien qui appuieront l’ajout de camions au GNL sur les routes dans un objectif de lutte contre les changements climatiques.

« Le gaz naturel liquéfié joue un rôle clé dans notre stratégie énergétique dans le domaine des transports », a soutenu le ministre fédéral allemand du Transport et des Infrastructures digitales, Guido Beermann, lors de l’inauguration de la station.

  • Russie

En Russie, une compagnie énergétique chinoise vient aussi d’annoncer son intention d’ouvrir 10 stations de GNL destiné au transport lourd, un moyen qualifié de créateur de retombées économiques locales, mais aussi de respectueux de l’environnement permettant de limiter les GES et la pollution de l’air.

  • États-Unis

Au Colorado, les visiteurs qui empruntent les navettes qui visitent le mythique Grand Canyon le font désormais à bord de véhicules alimentés au GNL plutôt qu’au mazout.

  • Mexique

Au Mexique, pays où la qualité de l’air est aussi un enjeu dans les grandes villes, de plus en plus de transporteurs prennent le virage vers le gaz naturel liquéfié.

La ville touristique de Puerto Vallarta a entrepris en 2016 un processus d’intégration visant l’entrée en service de 300 autobus au GNL d’ici à la fin de 2020.

La ville de Mexico City est aussi fortement engagée dans la conversion de ses autobus au diesel vers l’utilisation de GNL. On y compte désormais plusieurs centaines de véhicules de ce type en service.