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13 novembre 2019
Le GNL pour contrer la montée du charbon en Asie du Sud-Est

La demande énergétique des pays de l’Asie du Sud-Est va croître deux fois plus vite que celle du reste du monde au cours des 20 prochaines années, soit l’équivalent d’ajouter la production énergétique actuelle du Japon au mix énergétique mondial.

La progression des usines au charbon étant malheureusement constante depuis plusieurs années dans ce coin du monde, c’est notamment en se tournant vers un mix d’énergies fossiles moins polluantes et d’énergies renouvelables que ces pays pourront limiter la hausse inévitable des émissions de gaz à effet de serre qui accompagne une telle croissance, constate l’Agence internationale de l’Énergie dans un rapport publié à la fin octobre.

Et ce n’est pas un secret : à ce rythme, les pays d’Asie du Sud-Est sont en voie d’arriver à fournir un accès à l’électricité à l’ensemble de leurs populations d’ici 2030, soit 45 millions de personnes qui n’y ont toujours pas accès en ce moment.

L’un des facteurs qui vont pousser la demande en électricité à la hausse est la projection du nombre d’appareils de climatisation résidentiels. Pour l’ensemble des pays du sud-est asiatique (ASEAN), on parle d’une courbe qui passera de 40 millions d’unités de climatisation l’an prochain, à 300 millions d’unités d’ici 2040, ce qui représentera 30 % des besoins énergétiques globaux de ces pays.

Le cas du Vietnam

Grand consommateur de charbon, le Vietnam devra particulièrement adresser sa transition énergétique d’un point de vue plus écologique pour faire face à cette demande à la hausse.

Sur ce point, la réputée Agence danoise de l’Énergie a publié un rapport-choc qui appelle le pays, 14e plus peuplé au monde, à limiter les effets sur l’environnement de sa hausse de consommation énergétique.

Dans tous les scénarios qu’elle a évalués, l’agence envisage une «augmentation massive» des importations de charbon et de pétrole d’ici 2030 et propose de freiner cette croissance grâce à quatre mesures.

Le GNL pour tasser le charbon

La première recommandation de cette liste consiste à arrêter les investissements dans de nouvelles centrales au charbon à partir de 2025 pour prioriser le gaz naturel liquéfié et les énergies renouvelables après 2030.

Ces recommandations concordent justement avec les objectifs de GNL Québec, qui mise sur l’exportation du gaz naturel extrait dans l’Ouest canadien, dès l’ouverture de son usine de liquéfaction Énergie Saguenay en 2025, vers les pays d’Europe et d’Asie pour remplacer les sources d’énergies plus polluantes comme le charbon.

L’Agence danoise de l’énergie estime que le Vietnam pourrait — avec une stratégie de transition énergétique et en limitant les futurs besoins de charbon — « éviter à l’horizon 2050 l’émission de 370 millions de tonnes de CO2 par an par rapport aux plans climatiques existants du pays », lit-on dans ce rapport.

Encore une fois, c’est exactement ce que tente de réaliser GNL Québec en exportant du gaz naturel à l’étranger. Selon des estimations conservatrices contenues dans notre étude d’impact et soutenues par l’étude de cycle de vie réalisée par le Centre international de référence sur le cycle de vie des produits (CIRAIG), si seulement 60 % du gaz qui sera produit à Saguenay remplaçait le charbon comme source d’énergie, ce sont 28 millions de tonnes de GES en moins qui seraient émises sur le globe.

 

Pour plus d’informations concernant les rapports de l’Agence internationale de l’énergie et de l’Agence danoise de l’énergie :

https://www.connaissancedesenergies.org/vietnam-une-transition-necessaire-face-la-montee-du-charbon-191107?fbclid=IwAR3oM6NL7EhkG6e_JBea03FaGZK1-scMksAL1zWEhow0X7v1C0KJ6H_DP3s

https://www.connaissancedesenergies.org/sites/default/files/pdf-actualites/vietnam_energy_outlook_report_2019.pdf

https://www.iea.org/newsroom/news/2019/october/3-new-iea-reports-provide-fresh-insights-into-southeast-asias-energy-future.html