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29 novembre 2019
Le charbon chute grâce au gaz naturel et aux énergies renouvelables

La production électrique mondiale des centrales au charbon pourrait atteindre un creux historique d’ici la fin de l’année, selon une analyse publiée par la revue britannique Carbon Brief le 25 novembre dernier.

Et les conclusions de l’organisme spécialisé dans la surveillance des changements climatiques sont claires : cette baisse de production est imputable à 50 % au développement de nouvelles éoliennes et de centrales solaires et l’autre moitié est imputable à la substitution du charbon par le gaz naturel.

L’analyse de Carbon Brief estime que la production liée au charbon — qui demeure tout de même pour l’instant la première source de production électrique dans le monde — baissera globalement de 3 % en 2019.

Cette baisse annuelle équivaudrait à la production combinée de l’Allemagne, de l’Espagne et du Royaume-Uni en 2018, explique l’organisme dans son rapport.

En somme, la baisse de production des centrales au charbon des pays développés comme les États-Unis, l’Allemagne et la Corée du Sud ne sera pas annulée par la consommation grandissante de la Chine, qui continue d’être le plus grand producteur et plus grand consommateur de charbon au monde, ni par celle des pays de l’Asie du Sud-Est, comme le Vietnam par exemple.

À titre d’exemple, notons que l’Union européenne est la figure de proue de ce mouvement baissier de la production électrique au charbon. La production des centrales du Vieux Continent a chuté de 23 % en 2019, grâce à la conversion aux énergies solaires ainsi qu’à la transition vers des usines au gaz naturel, qui émettent 50 % moins de CO2 qu’une centrale au charbon.

Aux États-Unis, la baisse du charbon a atteint des sommets. On estime que 57 centrales au charbon auront cessé de fonctionner d’ici la fin de l’année, soit 5,8 % du parc au charbon américain.

Le cas de l’Alberta

Une autre analyse parue le 20 novembre, et intitulée Alberta’s Coal Phase-Out : A just transition?, démontre d’ailleurs cette tendance à l’abandon du charbon plus près de chez nous.

Le plan de sortie du charbon albertain pourrait mener à la transition vers le gaz naturel de 14 des 18 centrales au charbon de la province d’ici 2029, ce qui se traduirait concrètement par une baisse d’environ 20 millions de tonnes de gaz à effet de serre (GES) de moins à partir de 2030, rappelle le Edmonton Journal dans cet article paru le 25 novembre.

Notons que le gaz naturel liquéfié qui sera produit dès 2025 à l’usine d’Énergie Saguenay servira principalement cet objectif de remplacer le charbon et le pétrole, qui émettent respectivement 50 % et 30 % plus de GES que le gaz lorsqu’ils sont utilisés pour produire de l’électricité.

Le fait que l’usine soit alimentée à 100 % par l’hydroélectricité québécoise aura comme effet de réduire de 85 % les émissions de GES en comparaison avec une usine de GNL de taille semblable construite aux États-Unis.

Globalement, le projet Énergie Saguenay s’inscrit dans un marché mondial du GNL appelé à croître au cours de prochaines décennies afin de faire une transition énergétique juste et efficace.

Dans ce contexte, l’usine de Saguenay, qui promet d’être carboneutre dès le début de son exploitation en 2025, permettra d’enlever 28 millions de tonnes de GES au bilan mondial, en estimant de façon conservatrice que 60 % du gaz naturel exporté ira remplacer du charbon, du mazout ou du pétrole en Europe, en Asie ou ailleurs dans le monde.

Pour en savoir plus sur le projet Énergie Saguenay, n’hésitez pas à visionner cette capsule explicative en suivant ce lien.

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