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14 février 2020
La transition au gaz naturel contribue à stabiliser les émissions mondiales de CO2

Le rôle crucial du gaz naturel dans le développement des énergies renouvelables et dans la réduction mondiale des gaz à effet de serre (GES) est une fois de plus clairement exposé dans un rapport publié par l’Agence internationale de l’énergie (AIE). Le rapport, rendu public le 11 février dernier, indique que les émissions mondiales de GES se sont stabilisées en 2019, une situation en partie attribuable au remplacement du charbon par du gaz naturel. L’analyse démontre aussi de manière éloquente comment le gaz naturel est une énergie complémentaire qui appuie le développement des énergies renouvelables intermittentes.

Après deux ans de hausse constante, les émissions de CO2 dans le monde ont cessé de grimper l’an dernier, selon l’AIE, pour atteindre 33 gigatonnes, un niveau équivalent à celui de l’année précédente.

L’Agence cite comme raisons de cette stabilisation « le développement des énergies renouvelables (principalement éolien et solaire), le passage du charbon au gaz naturel, et davantage de production issue du nucléaire » dans les économies développées, notamment en Europe et aux États-Unis.

Sur le Vieux-Continent, le rôle du gaz naturel est on ne peut plus frappant. L’Europe a enregistré une baisse de 5 % de ses émissions l’an dernier, soit une baisse de 160 millions de tonnes de GES en moins. 

Comment ? Avec un recours accru aux énergies renouvelables, des efforts d’efficacité énergétique certes, mais surtout en produisant pour la toute première fois de son histoire une plus grande quantité d’électricité à l’aide de gaz naturel qu’avec du charbon, note l’AIE.

En exportant du gaz naturel liquéfié canadien vers des marchés européens et asiatiques, Énergie Saguenay contribuera à remplacer le charbon et le pétrole, qui sont respectivement 50 % et 30 % plus polluants que le gaz lorsqu’ils sont utilisés pour produire de l’énergie, et supprimera ainsi — selon un scénario conservateur validé par les scientifiques du Centre international de référence sur le cycle de vie des produits, procédés et services de Montréal (CIRAIG) dans le cadre de leur analyse de vie du projet —, 28 millions de tonnes de GES chaque année à l’échelle mondiale.

Les importations de GNL ont d’ailleurs fortement augmenté depuis 2018 en Europe, et une grande partie de cet approvisionnement provient désormais d’Amérique du Nord. 

Cette hausse s’explique entre autres par le déclin des extractions domestiques (Grande-Bretagne, aux Pays-Bas et en Norvège) et répond à une demande croissante due aux politiques de sorties du charbon en place dans plusieurs pays de l’Union européenne, comme l’Allemagne, l’Espagne ou la Pologne.

La hausse du prix de la taxe carbone sur le marché européen jumelée à la faiblesse du prix du gaz a rendu de nombreuses centrales à gaz plus compétitives que certaines centrales à charbon.

Cela entraîne inévitablement une hausse de la demande de gaz et une diminution de celle de charbon.

Plus près de chez nous, les États-Unis ont également affiché un bilan enviable en matière d’émissions en 2019, avec une baisse d’émission de 140 millions de tonnes de GES attribuable à la fermeture de dizaines de centrales au charbon remplacées par des centrales au gaz et au développement des énergies renouvelables.

De fait, les émissions de GES des pays développés ont atteint leur plus bas niveau depuis les années 1980, alors que la demande en électricité était à ce moment inférieure d’un tiers à ce qu’elle est aujourd’hui.

 

Au tour des économies en développement

Si les pays développés d’Europe et de l’Amérique du Nord ont réussi à freiner leurs émissions de GES notamment une substitution marquée du charbon en faveur du gaz naturel, ce n’est pas encore le cas des économies en émergence et surtout des pays d’Asie, qui comptent encore en grande partie sur le charbon pour générer leur énergie.

Dans ces pays, les émissions ont augmenté de 400 millions de tonnes en 2019, principalement en raison de la demande croissante en énergie pour desservir une population grandissante qui souhaite elle aussi avoir accès à de l’électricité.

Cela démontre qu’il y a là aussi une opportunité pour le gaz naturel produit par GNL Québec d’aller déplacer du charbon et ainsi améliorer le bilan des émissions de GES de ces pays d’Asie, tout en améliorant la qualité de l’air en éliminant les particules polluantes émises par la combustion du charbon. La Chine, par exemple, s’est dotée d’une politique claire en ce sens.

Dans une étude parue en septembre 2019, et intitulée China’s Quest for Blue Skies, on indique que le gaz naturel, en Chine, s’apprête à vivre une véritable période « d’âge d’or » dans l’optique où l’Empire du Milieu tente par tous les moyens de réduire la pollution dans ces nombreuses grandes métropoles. Les importations de GNL du géant asiatique ont constamment crû au cours des dernières années, malgré une augmentation des importations par gazoducs.

 

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