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17 janvier 2020
GNL Québec : 7 mythes entourant le projet Énergie Saguenay

Les enjeux énergétiques mondiaux et le contexte dans lequel s’inscrit le projet Énergie Saguenay sont complexes et se rattachent à des réalités avec lesquelles nous sommes, au Québec, moins familiers, notamment en raison de notre privilège de pouvoir compter sur un immense potentiel hydroélectrique propre et renouvelable.

Nous vous proposons aujourd’hui de faire le point sur certains mythes et idées erronées concernant le projet Énergie Saguenay.

#1 - Le projet Énergie Saguenay émettra des millions de tonnes de GES

Faux. Comme démontré dans le cadre de l’analyse de cycle de vie réalisée par les scientifiques du CIRAIG, le complexe de liquéfaction émettrait 421 000 tonnes de GES annuellement. Grâce à l’utilisation d’hydroélectricité propre et renouvelable et au climat froid de la région, l’usine émettra 84% moins de GES qu’une usine comparable située aux États-Unis. De plus, nous nous sommes engagés à opérer une usine carboneutre afin de compenser les émissions de GES engendrées par le projet.

Le chiffre de 7,8 millions de tonnes de gaz à effet de serre (GES) souvent associés à tort au projet n’est pas lié aux impacts directs des activités d’Énergie Saguenay.

Cette donnée se réfère plutôt à l’ensemble des émissions de GES directes et indirectes liées à tout le cycle de vie du projet, un calcul qui inclut des émissions associées à des infrastructures déjà en place à travers le pays comme des routes, des équipements ou des centrales hydroélectriques, qui existent et existeront indépendamment du projet. C’est en incluant les données des GES de l’ensemble du cycle de vie du projet que le CIRAIG peut conclure que ce dernier permettra de réduire de 28 M de tonnes par année les GES émis à l’échelle mondiale, selon un scénario conservateur.

Les émissions directes générées directement par Énergie Saguenay sont donc bel et bien de 421 000 tonnes, que nous nous engageons à compenser via notre vision de carboneutralité.

 

#2 - Le gaz naturel émet autant de GES que le charbon et est aussi polluant

Faux. Il est scientifiquement reconnu que l’utilisation de gaz naturel émet 50% moins de GES que le charbon, et 30% moins de GES que le pétrole. Cette caractéristique fait du gaz naturel une source d’énergie fiable et sécuritaire qui connaît une forte demande, entre autres afin de remplacer ces sources d’énergie.

De plus, contrairement au charbon et au pétrole, le gaz naturel n’émet pratiquement aucune particule polluante dans l’atmosphère. Cet autre avantage fait du gaz naturel une énergie particulièrement prisée en Asie, où les épisodes de smog représentent des problèmes de santé publique majeure.

 

#3 - Les émissions de méthane rendent le gaz naturel aussi néfaste que le charbon

Non. L’utilisation de gaz naturel n’émet pratiquement aucune particule polluante dans l’air, contrairement au charbon et au pétrole, sources importantes de particules fines.

Mais, si le gaz naturel, donc les molécules de méthane, s’échappe dans l’atmosphère sans être utilisé, ce méthane, non dégradé, devient une source de GES. De telles émissions, appelées « émissions fugitives », peuvent se produire à toutes les étapes de la chaîne de valeur du gaz naturel.

Cette réalité a été prise en compte dans l’analyse de cycle de vie du projet réalisée par le Centre international de référence sur le cycle de vie des produits, procédés et services (CIRAIG). 

Puisque le projet repose en grande partie sur des infrastructures neuves et à la fine pointe de la technologie, et comme il entrerait en service en 2025, soit après l’entrée en vigueur des nouvelles normes canadiennes, le taux de fuite fugitive a été estimé à moins de 1 % sur l’ensemble de la chaîne du gaz naturel canadien qui sera liquéfié à l’usine Énergie Saguenay.

Ce taux de fuite fugitive rend la substitution du GNL au charbon et au pétrole nettement positive en termes d’émission de GES. En comparaison, il faudrait atteindre un taux d’émission 15 fois plus élevé pour prétendre que le gaz naturel est moins performant que le charbon pour alimenter une centrale électrique, par exemple.

Conformément à sa vision d’établir un nouveau standard dans l’ensemble de ses pratiques, GNL Québec travaillera avec les meilleurs représentants de l’industrie afin de travailler concrètement à réduire les émissions de méthane à toutes les étapes de la chaîne de valeur du gaz naturel.

Par ailleurs, le gouvernement du Canada et l’industrie gazière canadienne font de la réduction des émissions fugitives une priorité, ce qui fait du Canada un leader mondial en la matière.

Pour en savoir plus sur les émissions de méthane au Canada, consultez ces blogues explicatifs :

#4 - Le projet Énergie Saguenay sera approvisionné principalement en gaz de schiste issu de la fracturation

Non. La production de gaz de schiste, en Alberta, d’où proviendra notre approvisionnement en gaz naturel, représente environ 4 % de tout le gaz naturel exploité, selon l’Alberta Energy Regulator. Cette proportion, confirmée scientifiquement dans l’analyse de cycle de vie effectuée par le CIRAIG, devrait rester la même au cours des prochaines décennies.

Pour ce qui est des techniques d’exploitation, la majorité du gaz naturel extrait dans l’Ouest canadien s’effectue majoritairement par fracturation hydraulique, une technique qui a fait ses preuves et qui est encadrée au Canada par les règles les plus strictes en la matière au monde.

En résumé, le projet Énergie Saguenay sera alimenté à 100 % par du gaz naturel canadien, exploité selon les normes et les pratiques les plus sévères au monde. Le projet ne sera pas un déclencheur d’exploitation additionnelle de gaz naturel au Canada, et il ne repose pas sur une alimentation en gaz de schiste. Pour en savoir plus à ce sujet, suivez ce lien

 

#5 - Le projet amènera d’énormes pétroliers qui empêcheront la circulation maritime sécuritaire dans le fjord

Faux. Les navires-citernes qui transportent du gaz naturel liquéfié (GNL) sont des méthaniers et non pas des pétroliers, comme certains pourraient le croire. La flotte mondiale actuelle de navires-citernes, composée d’environ 500 navires, est très moderne. Tous les navires qui transportent du GNL sont exclusivement conçus à cette fin.

Le transport de GNL par navires-citernes est connu et maîtrisé depuis plus de 30 ans. Au cours de ces années de navigation des navires-citernes de GNL, on ne recense aucun incident impliquant une quelconque fuite de gaz naturel liquéfié.

Dans le Saguenay et dans le Saint-Laurent, les navires-citernes seront pilotés en tout temps par des pilotes chevronnés de la Corporation des pilotes du Bas Saint-Laurent.

Dans le cadre du projet Énergie Saguenay, les navires-citernes qui transporteront le GNL produit dans la région seront construits suivant les spécifications relatives à la navigation dans le Saguenay et le Saint-Laurent. Cela comprend autant des mesures de sécurité et liées à la navigation hivernale que des avancées technologiques destinées à réduire le bruit subaquatique, comme des murs de bulle d’air limitant la propagation des ondes sonores.

Par ailleurs, il existe des croyances tenaces prétendant qu’il serait impossible pour d’autres navires de croiser ou de naviguer en même temps qu’un navire-citerne de GNL dans la voie maritime du Saguenay. En réalité, il n’existe aucune zone d’exclusion de navigation ou de « périmètre de sécurité » empêchant un navire de se trouver à proximité d’un navire de GNL. Les seules règles applicables sont celles qui encadrent la navigation commerciale et de plaisance habituelle, pour tout navire en circulation.

Dans une optique de documenter ces réalités et d’identifier les meilleures pratiques à mettre en place concernant la navigation, GNL Québec s’est engagée volontairement dans le processus de certification TERMPOL, chapeauté par Transport Canada.

 

#6 - Le gaz remplacerait des sources d’énergies renouvelables

Non. La croissance de la demande énergétique mondiale demande de nouvelles sources d’énergie, et les renouvelables, comme l’éolien et le solaire, sont appelées à prendre une place de plus en plus grande du mix énergétique mondial au cours des prochaines décennies.

Toutefois, selon les plus récents scénarios de l’Agence internationale de l’énergie, ces énergies vertes ne pourront pas suffire à la demande et le gaz naturel est l’énergie de complément idéale pour y arriver et pour palier à leur intermittence.

Parmi les énergies fossiles, le gaz naturel est celui qui émet le moins de GES, soit que le charbon, et que le pétrole ou le mazout.

Des procédés industriels ont aussi besoin d’une flamme ou d’une source de chaleur contrôlable et très intense pour fonctionner, chose que l’éolien ou le solaire ne peuvent pas fournir actuellement. C’est le cas par exemple dans la métallurgie, le traitement des minerais, les aciéries et la production de verre et de céramique.

La question n’est donc pas de savoir si du gaz naturel sera employé dans le cadre de la nécessaire transition énergétique mondiale, mais plutôt de déterminer les meilleurs projets, ceux qui respectent les plus hauts standards et qui innovent, comme le projet Énergie Saguenay avec son engagement à la carboneutralité et son complexe émettant 84 % moins de GES qu’une usine comparable aux États-Unis grâce à son alimentation en hydroélectricité et au climat froid de la région.

#7 - L’Europe et l’Asie ne veulent pas acheter du GNL d’Énergie Saguenay

Faux. GNL Québec est actuellement en pourparlers très avancés avec des pays qui cherchent activement une source d’énergie plus propre afin de réduire leur utilisation de charbon et de pétrole.

Pour des raisons de compétitivité, GNL Québec ne peut pas dévoiler l’intégralité de la teneur de ses négociations, mais quelques clients potentiels ont été identifiés par GNL Québec lors de son passage au Cercle de presse du Saguenay en décembre dernier. Ces clients ciblés se trouvent notamment en Europe (ex : Allemagne, Espagne, Pologne), en Asie du Sud-Est et en Asie, principalement en Chine, des pays où les politiques publiques sont clairement engagées dans la sortie du charbon et dans la transition vers des énergies renouvelables et moins fortes en carbone.