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17 février 2020
Fracturation hydraulique : une méthode d’extraction sécuritaire

La fracturation hydraulique au Canada

La question de la méthode employée afin d’extraire une partie du gaz naturel qui sera liquéfié au complexe Énergie Saguenay de GNL Québec revient périodiquement dans l’actualité. Voici quelques faits à propos de la fracturation hydraulique, cette technique d’extraction de gaz de réservoir étanche utilisée au Canada en toute sécurité depuis près de 60 ans, à travers des évolutions et innovations technologiques importantes qui permettent de limiter l’empreinte environnementale de ces activités.

 

La fracturation hydraulique, c’est quoi ?

La fracturation hydraulique est une technologie réglementée utilisée en toute sécurité pour extraire le gaz qui est emprisonné dans la roche à de grandes profondeurs. Après qu’un puits ait été creusé, on y injecte à haute pression de l’eau, du sable et divers fluides afin de créer de minuscules fractures dans la roche. Ces fractures sont agrandies par les grains de sable, ce qui permet au gaz naturel de remonter jusqu’à la surface. Un puits ainsi foré peut être exploité pendant une période qui oscille entre 10 et 30 ans.

 

Le gaz naturel qui sera liquéfié par GNL Québec provient-il de gaz extrait par fracturation hydraulique ?

Le gaz naturel qui sera transformé par GNL Québec proviendra d’Alberta, et aussi de Colombie-Britannique. La production de gaz naturel en Alberta provient en majeure partie de la fracturation. Depuis 2013, l’Alberta Energy Regulator estime qu’environ 80 % des puits de gaz naturel sont exploités à l’aide de cette technique. La fracturation hydraulique a été utilisée en toute sécurité en Alberta pour plus de 180 000 puits depuis le lancement de la technologie dans les années 1950. L’Alberta impose des règles sévères et des normes figurant parmi les plus élevées au monde en la matière.

 

Le gaz exploité par fracturation hydraulique dans l’Ouest canadien provient-il de gisements de schistes ?

Le gaz de schiste, une roche riche en matière organique, représente moins de 4 % de la production de gaz naturel en Alberta et ne devrait pas dépasser cette proportion d’ici 2040, selon la Régie de l’énergie du Canada. Le reste du gaz naturel extrait par fracturation hydraulique l’est à partir de réservoirs rocheux étanches composés principalement de grès, de silice et de carbonates. Selon une revue indépendante de la firme Worley Parsons (2019), le Canada se démarque des autres producteurs de gaz naturel dans le monde par des normes environnementales vues comme parmi les plus strictes, notamment en ce qui a trait aux émissions de méthane au traitement de l’eau et aux additifs utilisés dans le procédé. En comparaison, les États-Unis exploitent principalement des gisements de gaz de schiste et ont des normes environnementales plus souples qu’ici.

 

L’extraction par fracturation hydraulique rend-elle le gaz naturel plus polluant que le pétrole ou le charbon ?

Non. Grâce aux normes existantes et aux nouvelles réglementations à être déployées à compter de 2020, le Canada est un leader sur le plan de la performance environnementale dans la production de gaz naturel et dans la réduction des émissions de méthane. En plus, l’Alberta et la Colombie-Britannique ont pris des engagements supplémentaires pour réduire encore plus leur empreinte environnementale, notamment en électrifiant les opérations de production et traitement du gaz naturel (pour réduire les émissions de GES) et en réduisant leurs émissions fugitives de méthane de 45 % d’ici 2025, date prévue d’entrée en service du projet Énergie Saguenay. De nouvelles normes très strictes sur la gestion de l’eau et son recyclage sont aussi en cours. L’industrie a énormément innové dans la dernière décennie afin de réduire son empreinte environnementale.

L’analyse de cycle de vie du projet Énergie Saguenay réalisée par le Centre international de référence sur le cycle de vie des produits, procédés et services (CIRAIG) démontre scientifiquement que pour l’ensemble de la chaine de valeur du gaz naturel, les fuites de méthane sont de moins de 1 %. L’industrie gazière canadienne a aussi mis en place ses propres initiatives afin d’améliorer son bilan en la matière. 

Scientific Review of Hydraulic Fracturing in British Columbia
 

La fracturation hydraulique contribue-t-elle à contaminer les nappes phréatiques ?

En fait, le gouvernement de l’Alberta et la Colombie-Britannique ont établi des exigences réglementaires strictes afin d’éviter que le fluide de fracturation hydraulique soit mélangé aux eaux souterraines et aux eaux de surface. Aucun incident de contamination des nappes d’eaux souterraines n’a été recensé au Canada. De plus, les fluides utilisés pour la fracturation ont eux-mêmes évolué. La liste des produits utilisés par les producteurs de gaz de l’Ouest est disponible sur le site FracFocus.ca.

 

La fracturation hydraulique cause-t-elle des tremblements de terre ?

Des suivis sismologiques se déroulent en continu afin de modéliser et de recenser les épisodes sismiques dans le cadre d’un suivi rigoureux. Des épisodes de tremblement de terre ont été rapportés dans certaines localités de l’Ouest canadien où l’exploitation gazière et pétrolière constitue l’activité principale et où la fracturation hydraulique est utilisée. Par sa nature, la fracturation effectuée à plusieurs kilomètres de profondeur peut causer des secousses sismiques mineures qui ne sont ressenties au niveau du sol que dans 0,2 % des cas, selon la Régie de l’énergie du Canada. Ces rares activités sismiques n’ont jamais causé de dommages, ni aucun impact sur la sécurité du public.

 

Quelles sont les mesures mises en place dans l’Ouest canadien pour encadrer la fracturation hydraulique ?

L’Alberta et la Colombie-Britannique ont adopté des mesures de suivi et de régulation rigoureuses et transparentes afin de protéger le public et l’environnement directement en matière de fracturation. Ces règles ont déjà, concrètement, empêché des exploitants de procéder à des opérations, car ils ne respectaient pas l’ensemble des règles établies. Parmi ces mesures, signalons :

  • Des relevés et des suivis sismiques en continu;

  • Un encadrement sévère des produits employés dans la fracturation;

  • Des normes très élevées en matière de rejets dans les sols, l’air et l’eau, particulièrement afin de protéger les eaux souterraines;

  • La mise en ligne de registres publics recensant les activités de fracturation et les produits utilisés.
     

La fracturation aurait de nombreux effets néfastes pour la santé, notamment sur la grossesse, les issues à la naissance et l’asthme. Est-ce vrai ?

Au Canada, l’exploitation du gaz naturel est beaucoup plus réglementée que chez nos voisins du Sud, par exemple, et aucune étude scientifiquement crédible n’a pu démontrer l’existence d’impacts potentiels sur la santé humaine à une échelle significative. Le gouvernement de Colombie-Britannique a réalisé une revue scientifique entre 2012 et 2016 pour analyser les impacts potentiels de la fracturation hydraulique sur la santé, l’air et l’eau, et il a été conclu que les réglementations limitent efficacement les impacts potentiels. Cela n’empêche pas des provinces telles que l’Alberta et la Colombie-Britannique d’imposer des réglementations de plus en plus sévères et transparentes.

Oil and Gas Activities in Northeastern B.C.
Hydraulic Fracturing / Alberta Energy Regulator
 

La croissance prévue de la production de gaz naturel dans l’Ouest canadien est-elle causée par la construction d’usines de liquéfaction et de terminaux d’exportation de GNL au Canada, comme celui d’Énergie Saguenay ?

Le Canada est le 4e producteur de gaz naturel au monde. Les États-Unis, principaux acheteurs de ce gaz, sont depuis quelques années des exportateurs nets de gaz naturel qui provient principalement de gisements de schiste. La construction de terminaux de GNL au Canada découle donc de cette opportunité d’exporter du gaz naturel canadien vers les marchés mondiaux comme l’Europe ou l’Asie pour fournir un marché plus attractif aux producteurs de gaz naturel afin de tirer profit des infrastructures de transport de gaz naturel existantes au Canada. Le gaz excédentaire est déjà disponible et sera extrait en grande partie pour être exporté, que le projet Énergie Saguenay se réalise ou non.

http://www.methanealliance.com/
Oil and Gas Activities in Northeastern B.C.
Hydraulic Fracturing / Alberta Energy Regulator

 

Qu’arrive-t-il lorsqu’un puits de gaz naturel est abandonné ou fermé ?

Le Règlement sur le forage et la production de pétrole et de gaz au Canada stipule que les exploitants de puits dans l’Ouest canadien comme ailleurs au pays doivent notamment veiller à ce que le puits soit surveillé et inspecté pour en préserver l’intégrité et prévenir la pollution. Les règles présentement en vigueur au Canada sont parmi les plus strictes au monde en ce qui concerne les émissions fugitives de méthane. Les autorités qui supervisent et gèrent l'exploitation des ressources naturelles dans l'Ouest sont les mieux placées pour en assurer une gestion rigoureuse. 

Règlement canadien sur le méthane dans le secteur du pétrole et du gaz en amont