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4 octobre 2019
Comprendre le concept de carboneutralité en 5 minutes

Les chercheurs de l’équipe du professeur Claude Villeneuve, de la Chaire en éco-conseil de l’Université du Québec à Chicoutimi (UQAC), ont récemment rendu public leur rapport présentant les pistes d’actions crédibles et efficaces que GNL Québec pourrait déployer afin d’opérer un complexe de liquéfaction de gaz naturel carboneutre.

Le rapport complet de l’équipe de la Chaire en éco-conseil est disponible ici. 

Afin de mieux comprendre ce que signifie, concrètement, le concept de carboneutralité, nous vous invitons à creuser la question dans ce blogue sous la forme de questions et de réponses.

Que signifie être carboneutre ?

De manière simplifiée, l’atteinte de la carboneutralité signifie qu’une activité humaine a un bilan nul net en matière d’émission de gaz à effet de serre (GES).

Dans le cas du projet Énergie Saguenay, cela signifie que les émissions de GES directement produites par l’éventuel complexe de liquéfaction seraient annulées, ou compensées, par des actions crédibles et scientifiquement reconnues comme valides et efficaces. Ce calcul s’effectue sur une base annuelle.

Comment devient-on carboneutre?

On atteint la carboneutralité en posant des actions ou des gestes qui permettent de séquestrer, d’emprisonner ou d’éviter des émissions de GES. Par exemple, puisque les arbres en croissance consomment et emprisonnent du Co2, un promoteur souhaitant atteindre la carboneutralité pourrait planter, dans le cadre de protocoles de reboisement suivis par des experts certifiés, une quantité d’arbres permettant d’annuler ses émissions de GES, atteignant ainsi un bilan nul en termes de GES nets émis.

Réutiliser le Co2, soutenir des investissements qui permettent de réduire les émissions de GES ailleurs, ce que l’on appelle des crédits carbones, ou poser des actions de réduction à la source en matière d’émissions de GES sont, notamment, d’autres moyens utilisés.

Pourquoi devenir carboneutre ?

Dans le cadre de la lutte contre les changements climatiques, la communauté scientifique s’entend sur l’importance cruciale de réduire les émissions de GES. Dans son rapport le plus célèbre portant sur les moyens à prendre afin de limiter le réchauffement global à 1,5 degrés Celsius (https://www.ipcc.ch/sr15/), le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) préconise l’atteinte de la carboneutralité à l’échelle mondiale d’ici à 2050.

En prenant l’engagement d’opérer un complexe carboneutre dès 2025, GNL Québec agit avec 25 ans d’avance et démontre sa volonté d’établir un nouveau standard au sein de son secteur d’activités.

Comment calcule-t-on les GES à compenser?

Tel que le précise le GIEC ainsi que la Chaire en éco-conseil de l’UQAC dans son rapport, l’atteinte de la carboneutralité passe par un principe où chaque émetteur de GES est responsable de réduire, de compenser et d’annuler les émissions dont il directement responsable. Cette approche permet de rendre, de façon crédible et efficace, l’ensemble des acteurs du cycle de vie d’un projet ou d’un produit carboneutre de manière réaliste et gérable.

Dans le cas d’Énergie Saguenay, l’analyse de cycle de vie du projet réalisée par le Centre international de référence sur le cycle de vie des produits (CIRAIG), disponible ici conclu que le projet sera responsable de l’émission directes de 421 000 tonnes de GES par année. En conséquence, GNL Québec compensera de manière crédible et efficace la totalité de ces GES.

Sur l’ensemble du cycle de vie du projet, le CIRAIG évalue à 7,4 M de tonnes les émissions de GES indirectes générées sur l’ensemble de la chaîne de valeur du gaz naturel. Ces émissions, qui existent ou existeraient dans leur immense majorité que le projet Énergie Saguenay se réalise ou non, ne sont pas des émissions qui entrent dans le bilan du projet puisqu’elles ne sont pas générées directement par le complexe.

Pour comprendre en détail comment décortiquer l’analyse de cycle de vie, nous vous invitons à lire ce blogue et à visionner cette vidéo.

Pourquoi ne pas compenser toutes les émissions indirectes de GES ?

Pour être crédible et efficace, un processus de carboneutralité doit avoir des frontières claires et un périmètre réaliste appuyés sur des données mesurables. Puisque le problème des changements climatiques est global, si chacune des entités concernées de près ou de loin par notre projet entreprend une démarche de compensation de ses propres émissions directes de GES, alors l’ensemble de la chaîne devient carboneutre de manière crédible et efficace.

GNL Québec est fière que, via sa collaboration avec la Chaire en éco-conseil, un rapport scientifique rigoureux soit disponible permettant ainsi que l’ensemble des entreprises et des promoteurs du Québec et du Canada disposent de pistes de réflexions et d’actions concrètes pour s’engager à leur tour dans la carboneutralité.

Dans la perspective d’action développée par le GIEC, il est la responsabilité de chacune des entreprises de faire le nécessaire dans son périmètre pour que la chaîne de valeur dans son entier soit carboneutre.

Quelles mesures poserez-vous afin de devenir carboneutre?

Le rapport de la Chaire propose plusieurs options et postes d’action que nous étudions présentement. Nous travaillons d’abord à réduire à la source un maximum d’émissions de GES potentiels.

Parmi l’éventail de possibilités, signalons notamment l’ajout potentiel d’une quantité de gaz naturel renouvelable, la vente ou la cession à des tiers du CO2 résiduel issu du procédé de liquéfaction, la vente ou la cession à des tiers de la chaleur récupérée pour substituer d’autres sources de carburants fossiles ou l’achat de crédits compensatoires provenant de projets réalisés sur le territoire québécois et de la plantation d’arbres.

Est-ce possible d’être carboneutre pour un projet comme le vôtre?

Oui. Le rapport de la Chaire en éco-conseil confirme qu’il est possible pour notre projet d’être carboneutre de façon crédible et valide scientifiquement. L’atteinte de cet engagement passera cependant par la mise en œuvre d’un bouquet de mesures.

Est-ce que l’atteinte de la carboneutralité peut générer des retombées ici?

Oui. À travers l’analyse des possibilités contenues dans le rapport de recherche de la Chaire, nous allons chercher à prioriser des actions pouvant avoir des retombées environnementales, sociales et économiques dans la région et au Québec. Plusieurs pistes, comme la revalorisation de la chaleur et l’utilisation du Co2 issus du complexe pourraient servir de levier pour des projets connexes pilotés par d’autres partenaires.

Pour en savoir davantage sur la démarche de carboneutralité du projet, nous vous invitons à lire, si vous ne l’avez pas déjà fait, les blogues suivants :

https://energiesaguenay.com/fr/blogue/le-projet-de-complexe-de-liquefaction-energie-saguenay-sengage-devenir-carboneutre/

https://energiesaguenay.com/fr/blogue/une-usine-carboneutre-un-modele-pour-lindustrie/

https://energiesaguenay.com/fr/blogue/des-pistes-innovantes-pour-realiser-la-carboneutralite-denergie-saguenay/