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July 9, 2019
À quoi sert le gaz naturel à travers le monde?

Pour comprendre comment le projet Énergie Saguenay permettra de lutter concrètement contre les gaz à effet de serre (GES) et la pollution de l’air sur la planète, il faut comprendre à quoi servira le gaz naturel liquéfié (GNL) qu’il produira.

Pour simplifier, les utilisations du gaz naturel, à travers le monde, sont de quatre grands ordres :  la production d’électricité, les usages industriels, le transport et les usages résidentiels, commerciaux et institutionnels légers comme dans le chauffage des immeubles et la cuisson des aliments.

Électricité

Rares sont les États qui, comme le Québec, peuvent compter pratiquement exclusivement sur l’hydroélectricité propre, contrôlable et renouvelable afin de satisfaire leurs besoins en électricité.

Or, selon le plus récent rapport sur les prévisions énergétiques mondiales de l’Agence internationale de l’énergie (AIE), la demande en électricité est appelée à croître de 60% au cours des 20 prochaines années. Cette demande pourrait même être encore plus forte si les véhicules électriques accélèrent leur présence sur les routes de la planète.

Près de 90% de cette croissance prévue sera imputable à plusieurs pays d’Asie, notamment la Chine et l’Inde, où la croissance économique et la hausse du niveau de vie s’accélèrent pour des milliards d’habitants.

À l’heure actuelle, 40% de l’électricité mondiale est produite par le charbon, la source d’énergie émettant le plus de GES et le plus de polluants atmosphériques, à l’origine de graves problèmes de santé et d’épisodes de smog intenses, particulièrement en Asie. En Europe, 40% de l’électricité en Allemagne et 80% de l’électricité en Pologne est produite par le charbon.

Dans un contexte de lutte contre les GES et afin de diminuer la pollution de l’air, beaucoup de pays appliquent dorénavant des politiques publiques visant le développement des énergies renouvelables. Ces politiques, comme en Chine, en Corée du Sud ou en Allemagne, visent spécifiquement la lutte contre le charbon.

Les énergies renouvelables gagnent du terrain partout et connaissent les taux de croissance les plus élevés. Malheureusement, ces énergies sont intermittentes, c’est-à-dire qu’elles dépendent des conditions météorologiques et qu’elles ne peuvent pas être stockées pour de longues périodes. De plus, elles sont encore très dispendieuses dans leur ensemble, c’est-à-dire en incluant le prix des batteries et les modifications significatives du réseau électrique existant (et ce, malgré une chute importante de leur coût de production dans la dernière décennie).

Les pays qui ne peuvent compter sur l’hydroélectricité et/ou qui refusent le nucléaire ont besoin d’une source d’énergie électrique d’appoint fiable, sécuritaire et qui émet moins de GES et pas de polluant pour stabiliser les grilles énergétiques : le gaz naturel.

Cela explique pourquoi la demande pour le gaz naturel, actuellement en progression, va demeurer une source d’énergie clé dans le monde au cours des prochaines décennies afin d’accompagner le nécessaire essor des énergies renouvelables, en remplaçant le charbon et les produits pétroliers employés pour produire de l’électricité.

Voici ce qu'en dit l'AIE, tel que rapporté par Intraterra et plusieurs médias français l’automne dernier

La demande en électricité va exploser, en particulier dans les pays en développement, une tendance positive pour l’environnement grâce à la croissance des énergies renouvelables mais qui demandera de gros efforts d’adaptation. Le secteur de l’électricité est en train de vivre sa transformation la plus spectaculaire depuis sa création il y a plus d’un siècle (…) Près de 90% de la croissance de la demande d’électricité provient des pays en développement, avec l’explosion de la demande pour les voitures électriques en Chine mais aussi pour la climatisation dans les pays chauds. Dans les pays riches, la demande progresse mais modestement, avec en particulier les politiques destinées à encourager l’électrification de la mobilité. Parmi les sources de production d’électricité, l’éolien et le solaire photovoltaïque doivent connaître la plus forte croissance. L’ensemble des énergies renouvelables (y compris l’hydroélectricité) représentent 70% de l’augmentation des capacités de production. Cela s’explique par le soutien politique et le développement technologique qui entraîne une forte baisse des coûts. Ces derniers doivent en particulier reculer de plus de 40% dans le solaire d’ici à 2040.

À cet horizon, la part du charbon dans la production d’électricité devrait avoir chuté à un quart environ contre 40% aujourd’hui. Les renouvelables connaîtraient pour leur part un destin exactement inverse en prenant la place du charbon, très polluant. Les parts respectives du gaz (20%) et du nucléaire (10%) devraient pour leur part rester à peu près stables.

L’explosion des renouvelables se traduit par des bénéfices environnementaux mais pose aussi des défis, souligne l’AIE. Ces énergies sont en effet par nature intermittentes car elles dépendent du soleil et du vent.

Avec une plus grande variabilité de l’offre, les systèmes électriques vont devoir faire de la flexibilité la base des futurs marchés de l’électricité pour que les lumières restent allumées », met en garde l’AIE. « De nombreux pays en Europe mais aussi le Mexique, l’Inde et la Chine auront besoin d’un niveau de flexibilité qui n’a jamais existé auparavant à une telle échelle », insiste le rapport.

L’industrie

Le gaz naturel, par ailleurs, est une source d’énergie essentielle dans de nombreux procédés industriels nécessitant une flamme vive ou une source de chaleur très élevée et contrôlable. C’est notamment le cas en métallurgie et dans la fabrication des métaux, dans les mines, dans les industries du verre, de la céramique etc… Dans le cadre de ces procédés industriels, l’électricité ne peut suffire. Traditionnellement, c’est le charbon qui joue ce rôle dans une foule de pays, et, encore là, particulièrement en Asie. On estime que plus de 40% du gaz naturel consommé à ce jour est utilisé dans le cadre de besoins industriels.

Le gaz naturel est une énergie de plus en plus employée dans ces pays afin de remplacer des énergies fossiles plus polluantes et émettant plus de GES. Encore sur ce plan, des politiques nationales officielles visent spécifiquement à limiter l’utilisation du charbon.

Ici-même, au Québec, le gaz naturel joue un rôle important sur le plan industriel. C’est pourquoi plusieurs régions non-desservies par le réseau québécois de gazoducs réclament un meilleur accès au gaz naturel, afin qu’eux aussi puissent réduire leurs émissions de GES.

C’est le cas sur la Côte-Nord, comme le démontre l’exemple de l’aluminerie Alouette, où l’on espère l’arrivée prochaine du gaz naturel afin de remplacer le mazout, réduisant ainsi de 30% les émissions de GES de l’usine.

Enfin, le gaz naturel peut aussi être employée pour la cuisson des aliments et le chauffage de bâtiments publics et d’institutions. À travers le monde, une partie de ces usages, particulièrement dans le chauffage résidentiel et la cuisson des aliments, est comblée par du charbon ou des produits pétroliers comme le mazout. Le gaz naturel est en mesure de combler une large partie de ces besoins à court et moyen termes.

Nous constatons donc le rôle essentiel que le gaz naturel est appelé à jouer dans le monde au cours des prochaines décennies afin de répondre à cette demande en électricité d’une façon qui permet aussi de lutter concrètement contre les gaz à effet de serre et la pollution de l’air.