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Aug. 13, 2019
Le Canada, leader mondial dans la lutte contre les émissions de méthane

L’enjeu des émissions de méthane, aussi appelées fuites fugitives ou émissions fugitives, est souvent soulevé dans l’espace public lorsqu’il est question des impacts environnementaux des projets relatifs au gaz naturel.

Mais, qu’en est-il vraiment? Saviez-vous que le Canada est un leader mondial de cette question et que ses politiques en la matière ont été saluées par des groupes environnementaux? Saviez-vous que l’industrie gazière canadienne travaille quotidiennement à améliorer son bilan en cette matière?

Pour comprendre cette question importante en marge du projet Énergie Saguenay, nous vous proposons dans ce blogue un survol sous forme de questions et de réponses.

Qu’est-ce que le méthane?

En résumé, le méthane est la principale composante du gaz naturel, et ce peu importe son origine.

Pourquoi surveiller les émissions de méthane ?

Quand le gaz naturel est employé comme source d’énergie, le méthane est consommé à travers un processus de combustion. Ce processus génère alors 50% moins de GES que la combustion du charbon et 30% moins de GES que la combustion du pétrole. De plus, l’utilisation de gaz naturel n’émet pratiquement aucune particule polluante dans l’air, contrairement au charbon et au pétrole, sources importantes de particules fines.

Mais, si le gaz naturel, donc les molécules de méthane, s’échappent dans l’atmosphère sans être utilisé, ce méthane, non dégradé, devient une source de GES.

On évalue que le méthane est à l’origine de 25% des émissions de GES d’origine humaine sur la planète, et que le méthane présente un potentiel de réchauffement climatique plus élevé que le CO2. Cette réalité a été prise en compte dans l’analyse de cycle de vie du projet réalisée par le Centre international de référence sur le cycle de vie des produits, procédés et services (CIRAIG). 

Agir concrètement afin de limiter les émissions de méthane est donc un enjeu important pour l’industrie, et une priorité dans le contexte de la lutte contre les changements climatiques, et le Canada agit, justement, comme un leader en la matière.

 

Où surviennent les émissions de méthane?

Le méthane existe naturellement sur la Terre. Il est produit notamment par la décomposition des végétaux, les rejets des animaux ou la putréfaction des déchets, par exemple. D’ailleurs, de plus en plus d’initiatives existent afin de récupérer ces « biogaz » pour en faire de l’énergie, et donc réduire leur impact en termes de GES.

Au Canada, en 2014, 28% des émissions de méthane provenaient de l’agriculture et 23% de de la décomposition des déchets.

Mais, comme le méthane est un gaz, des fuites de méthane peuvent aussi survenir involontairement à diverses étapes lors de l’exploitation et du transport du gaz naturel, à travers des valves, des équipements ou encore de manière connexe lors de la mise en valeur des gisements. 

D’autres émissions peuvent survenir volontairement, pour des raisons techniques ou opérationnelles. Celles-ci sont cependant rares et les pratiques sont alors solidement encadrées.

Que fait le Canada et l’industrie canadienne pour régler la question?

Pour l’industrie gazière, pour le gouvernement du Canada et pour les gouvernements des provinces, comme l’Alberta, où l’exploitation du gaz naturel est un moteur économique important, la lutte contre les émissions de méthane est un enjeu majeur, sur le plan environnemental, bien sûr, et aussi économique.

En 2018, le gouvernement du Canada a annoncé un resserrement des normes et règlement entourant les émissions de méthane à partir de 2020, donc bien avant l’entrée en service de l’usine de liquéfaction Énergie Saguenay. 

L’Alberta, d’où proviendrait le gaz naturel liquéfié dans le cadre du projet Énergie Saguenay, a aussi emboîté le pas avec ses propres normes

Ainsi, le Canada est devenu le premier pays au monde à adopter des normes et règlements aussi contraignants en la matière, devenant un leader mondial de la question. Cela a même été salué et reconnu par des organismes environnementaux reconnus, comme la Fondation David Suzuki. 

Dans un récent rapport portant spécifiquement sur le rôle du gaz naturel dans la transition énergétique mondiale, l’Agence internationale de l’énergie a clairement reconnu les avantages du gaz naturel dans la lutte contre les changements climatiques, en autant que les émissions de méthane de la chaîne du cycle de vie soit bien contrôlées. 

 

Et que fait l’industrie ?

L’industrie, dès avant l’imposition de ces normes, avait déjà commencé à agir afin lutter contre les émissions de méthane, lesquelles ont des conséquences environnementales mais aussi économiques.

Au Canada, cela a conduit à la mise en place, dès 2016, de la Methane Emission Leadership Alliance (MELA). http://www.methanealliance.com/

L’industrie s’est ainsi alliée avec de nombreux scientifiques, chercheurs, équipementiers et acteurs du domaine énergétique afin d’étudier la question et de développer des technologies et des équipements toujours plus efficaces afin de réduire les émissions de méthane à toutes les étapes de la production du gaz naturel.

À travers le monde, des géants de l’énergie comme Shell, Exxon ou BP ont développé des politiques et des mesures destinées à lutter contre les émissions de méthane à tous les niveaux de leurs activités.

Qu’en est-il dans le cadre du projet Énergie Saguenay?

Afin d’avoir un portrait complet des émissions de gaz à effet de serre (GES) relatif au projet Énergie Saguenay, GNL Québec a volontairement mandaté le CIRAIG afin de réaliser une analyse de cycle de vie complète. Cette analyse de cycle de vie permet de quantifier le potentiel de réduction des GES à l’échelle mondiale présenté par le gaz naturel liquéfié qui, particulièrement en Europe et en Asie, remplacera du charbon ou du pétrole.

Pour établir ces scénarios, le CIRAIG a établi, à partir de l’ensemble des connaissances scientifiques disponibles sur la question, les émissions fugitives relatives à l’ensemble de la filière du projet Énergie Saguenay. Ce travail a reposé sur une revue exhaustive des connaissances actuelles, et particulièrement des plus récentes données en la matière.

La connaissance scientifique et la qualité des données sur la question des émissions de méthane ont énormément évolué entre les premières études établies au début de la décennie et les dernières études impliquant des modèles mathématiques et scientifiques prenant en compte des milliers de données sur un grand nombre de géographies différentes. 

Puisque le projet repose en grande partie sur des infrastructures neuves et à la fine pointe de la technologie, et comme le projet entrerait en service en 2025, soit après l’entrée en vigueur des normes canadiennes, le taux de fuite fugitive a été estimé à moins 1% sur l’ensemble de la chaîne du gaz naturel.

À titre comparatif, le CIRAIG a établi les taux d’émissions de méthane à partir desquels les gains en matière de réduction de GES du projet Énergie Saguenay pourraient être amoindris.

  • Dans le cas de la génération d’électricité par le gaz naturel plutôt que le charbon, les fuites devraient alors atteindre 15%, soit environ 15 fois plus qu’évalué par le CIRAIG.
  • Dans le cas du remplacement du charbon par du gaz naturel dans la production de chaleur les fuites devraient atteindre 8%, soit environ 8 fois plus qu’évalué.

Ainsi, même en tenant compte d’une importante marge d’erreur hypothétique dans les résultats de l’analyse de cycle de vie en matière d’évaluation des émissions de méthane, le gaz naturel produit par le projet Énergie Saguenay servira concrètement à réduire les GES à l’échelle mondiale.

Conformément à sa vision d’établir un nouveau standard dans l’ensemble de ses pratiques, GNL Québec travaillera avec les meilleurs représentants de l’industrie afin de travailler concrètement à réduire les émissions de méthane à toutes les étapes de la chaîne de valeur du gaz naturel.